Décès de quatre détenus syriens des ONG des droits de l’homme réclament une enquête officielle

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Judiciary and Prison System

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Des associations de défense des droits de l'homme ont appelé hier à l'ouverture d'une enquête indépendante sur la mort de quatre Syriens arrêtés la semaine dernière lors des raids menés par l'armée libanaise dans des camp de réfugiés d'al-Nour et d'al-Qariya, à Ersal, au cours desquels cinq kamikazes s'étaient fait exploser. Selon l'armée libanaise, les quatre hommes, décédés mardi, souffraient de problèmes de santé chroniques qui se sont aggravés « en raison des conditions météorologiques ». Selon le communiqué de l'institution militaire, les examens médicaux entrepris sur les personnes en état d'arrestation depuis vendredi ont révélé que plusieurs d'entre elles souffrent de maladies chroniques. Elles ont alors été soignées avant d'être interrogées, selon la troupe. Les médecins légistes ont remis leurs rapports sur les raisons des décès et l'institution militaire a décidé de « faire examiner les autres détenus pour s'assurer qu'aucun cas similaire n'existe ». L'armée a également publié un communiqué hier dans lequel elle annonce avoir libéré 15 détenus tandis que les 85 autres, sans papiers, ont été déférés à la direction générale de la Sûreté générale. « Nous demandons urgemment une enquête officielle, transparente et indépendante », a indiqué Lama Fakih, la directrice adjointe de Human Rights Watch (HRW) pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, soulignant que l'ONG avait dans le passé « documenté des cas d'abus ou de torture durant des détentions effectuées par l'armée » libanaise. L'avocat Nabil Halabi, à la tête de l'Institut libanais pour la démocratie et les droits de l'homme (LIFE), a également appelé les autorités libanaises à mener une « enquête sérieuse basée sur des autopsies ». Selon lui, il y a des indications sur la mort d'une dizaine de réfugiés sous la torture. De son côté, le Centre libanais des droits de l'homme (CLDH) a dénoncé dans un communiqué « la diffusion d'images dégradantes qui documentent les arrestations, la torture des détenus et la campagne systématique d'intimidation contre toute personne ou organisation ayant élevé la voix pour critiquer les procédures illégales utilisées par les forces armées ». Quant au représentant régional au Moyen-Orient et l'Afrique du Nord du haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Abdel Salam Sidahmed, il a lui aussi exprimé son inquiétude quant au décès des quatre détenus, appelant les autorités libanaises à « mener une enquête rapide, transparente et indépendante » et à prendre les mesures légales nécessaires à la lumière de cette enquête. Il a par ailleurs mis en exergue la nécessité pour le Liban de respecter ses engagements internationaux au niveau des droits de l'homme. La coordonnatrice spéciale de l'ONU au Liban, Sigrid Kaag, s'est également attardée hier sur cette affaire lors d'une conférence de presse conjointe avec le coordonnateur spécial adjoint des Nations unies pour le Liban, Philippe Lazzarini. « Nous sommes entrés en contact avec l'armée libanaise pour nous assurer des conditions des arrestations ainsi que pour nous enquérir du décès des quatre détenus », a-t-elle déclaré, avant d'ajouter : « Nous ne possédons pas de données précises sur ce sujet. » Mme Kaag a tenu à rappeler que « l'ONU dénonce tout acte terroriste », et qu'il « est crucial de différencier entre les personnes armées et les civils et de continuer à respecter les droits de l'homme ». Mme Kaag a en outre été reçue hier par le responsable des affaires extérieures au sein du Hezbollah, Ammar Moussaoui.

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