Le 17 mars 1978 mon mari et moi avons disparu à Khiam

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Enforced Disappearance

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Je vivais avec mon mari Mohammad à Khiam, comme nous l'avons toujours fait. Mohammad y possédait des terres et nous cultivions des olives et des pois chiches. J'avais 65 ans, lui en avait 76. Nous vieillissions ensemble, entourés de nos enfants et de nos petits-enfants. Mais dès septembre 1977, notre ville est devenue la cible d'attaques menées par l'armée israélienne. Il était devenu impossible de travailler et de vivre à Khiam. La plupart des habitants sont partis. Nos enfants ont dû se résigner au même choix. Malgré leurs insistance et demandes répétées, Mohammad et moi avons décidé de rester. À notre âge, il était au-dessus de nos forces de tout quitter. Le 14 mars 1978, Khiam a été bombardée. Le pilonnage a duré trois jours, faisant fuir les derniers combattants qui tentaient de repousser l'assaut. Le 17 mars au matin, lorsque les forces israéliennes et leurs alliés sont entrés dans la ville, il ne restait plus que quelques dizaines d'habitants, rien que des personnes âgées et des femmes. Les hommes armés ont sillonné ce qui restait de notre ville détruite et ont arrêté tous les individus qu'ils croisaient sur leur chemin. Quarante et une personnes ont ainsi disparu à Khiam en ce jour de mars 1978. Mon nom est Zakiyé, mon mari est Mohammad Atoui. Ne laissez pas notre histoire s'interrompre ici.

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch. Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: Source Link Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

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