Le CICR et la Croix-Rouge libanaise à la recherche des migrants portés disparus

L'Orient le Jour

Admin

Non Palestinian refugees and Migrants

Viewed : 109

Trace the face (Tracer le visage). C'est à travers cet outil diffusé sur les réseaux sociaux en quatre langues (arabe, anglais, français, espagnol) que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) se mobilise à la recherche des migrants portés disparus. Sur le site Source Link, plus de 1 100 photos de personnes recherchant leurs proches sont publiées, anonymes, avec des numéros de référence. Elles portent chacune une mention, « Je cherche ma famille », « Je cherche mon frère », « Je cherche mon mari », ou autre, ainsi que la question « Avez-vous des informations ? ». Ces personnes viennent d'Afrique, d'Afghanistan, de Syrie, d'Irak ou d'ailleurs. Durant leur périple, elles ont été séparées de leurs proches. Elles ont souvent perdu leurs téléphones portables. L'objectif principal étant de contribuer à réunir les familles séparées par les conflits et les migrations.

Rétablir les liens familiaux Après avoir mis en place, il y a plus d'un siècle, un processus consistant à rétablir les liens familiaux suite aux conflits mondiaux, le CICR réitère avec ses partenaires, le Croissant-Rouge et les sociétés nationales de la Croix-Rouge. La campagne « Restoring family links » (RFL) bat déjà son plein en Europe depuis 2013. Elle a réuni des dizaines de familles disséminées à travers le monde. « C'est désormais au Liban qu'elle veut se développer, en Jordanie aussi, deux pays considérés comme des voies de passage vers l'Europe pour les migrants fuyant les conflits syrien et irakien », comme l'affirment à L'Orient-Le Jour (lors d'une interview via Skype) deux membres du CICR basés à Paris, Alexandre Khouri, responsable opérationnel régional, et Wilhelm Odde, conseiller RFL pour l'Europe. « C'est la raison pour laquelle le CICR met aujourd'hui à contribution la presse libanaise. » Sur le site « Trace the face » du CICR, deux messages aux personnes qui recherchent leurs proches. La phrase « Vérifiez si votre famille vous cherche » renvoie à la photothèque. Elle invite les personnes ayant identifié un proche à cliquer sur l'image et à remplir un court questionnaire. Le processus est ainsi enclenché. Le CICR appelle aussi les personnes recherchant un proche disparu à publier leur photo. Ce dernier pourrait les contacter. Pour ce faire, il suffit de s'adresser au centre le plus proche de la Croix-Rouge nationale, qui réalisera l'opération et enregistrera leur photo et leurs coordonnées. « Nous sommes tenus par la législation européenne de protection des données personnelles. C'est la raison pour laquelle nous ne publions pas de noms », précise Wilhelm Odde à ce propos. Sans compter que nombre de réfugiés sont analphabètes et ne bénéficient pas de connexion Internet. La contribution de la Croix-Rouge nationale est donc indispensable.

Un réseau de 28 pays Les belles histoires de retrouvailles ne manquent pas. Grâce à ce processus, deux frères syriens se sont retrouvés. Après avoir fui leur pays en guerre, ils avaient l'Allemagne comme but ultime. Mais durant leur long périple pour réaliser leur rêve d'avenir, ils ont été séparés. Ils ont perdu leurs téléphones portables. L'un d'entre eux a réussi à atteindre l'Autriche, alors que l'autre s'est retrouvé en Inde, avant de repartir pour l'Autriche. « Ils n'avaient aucune chance de se retrouver ou de se contacter », explique M. Khouri. Autre belle histoire, celle de ce couple syrien qui a été séparé de sa fille de 17 ans par des passeurs et qui craignait le pire. « La jeune fille a été retrouvée en Suède en bonne santé, alors que ses parents, encore en Turquie, désespéraient de la revoir, affirme M. Khouri. La famille s'est finalement retrouvée, après avoir bénéficié d'une procédure de réunification familiale. »

M. Odde évoque à son tour le cas d'une mère de famille afghane qui avait perdu la trace de son fils, mineur. « En Afghanistan, de nombreux adolescents de 13 à 17 ans sont envoyés seuls par leurs parents pour éviter qu'ils ne soient recrutés par les talibans, explique-t-il. Ceux qui atteignent l'Europe avant 18 ans ne sont pas refoulés. » « Après avoir retrouvé la trace de l'adolescent par le réseau Trace the face, le CICR a organisé des retrouvailles sur Skype entre la mère et son fils. La femme était tellement émue qu'elle a enlacé et embrassé l'ordinateur », raconte le responsable. Mais, en revanche, il y a les drames, les déceptions et les larmes, les disparus dont on apprend la mort lors d'un naufrage. Là aussi, l'outil mis en place par le CICR permet un descriptif physique des migrants. En cas de décès, leur identification devient possible. Les familles doivent alors accepter et faire leur deuil.

Vingt-huit pays font aujourd'hui partie du réseau mondial développé par le CICR pour rétablir les liens familiaux des migrants. Le bureau du CICR au Liban (la Croix-Rouge libanaise), déjà rodé en matière de rétablissement des liens familiaux, se prépare à mettre en application le projet Trace the face. Il a déjà reçu « une bonne centaine de demandes de la part de familles de migrants qui ont pris le chemin de l'Europe » par la Libye, la Tunisie ou la Turquie, souligne la responsable du réseau RFL à Beyrouth, Christine Rechdane. Même si le flux migratoire a nettement baissé depuis la fermeture de la route des Balkans, « les besoins sont là », affirme-t-elle.

Le CICR réussira-t-il son pari de toucher au Liban un maximum de familles de personnes portées disparues, sachant que ces familles, principalement réfugiées, n'ont pas d'adresse fixe ou craignent de se déplacer, car elles sont en situation illégale ?

Quelques liens utiles : Source Link Facebook « Tracetheface.org for migrants in Europe ». Croix-Rouge libanaise : Beyrouth +961-1-739297/8/9 Tyr : 07-349711 ou 07-349912 Tripoli : 06-412407 Zahlé : 08-804290/1

Source Link

 

Blog Roll