Selon ALEF, de légers progrès au Liban, mais des abus persistent dans plusieurs domaines

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Human Rights Defenders

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Le combat de l'ONG « Alef – Act for Human Rights » pour la défense des droits de l'homme devrait continuer sur la base des progrès réalisés dans ce domaine au Liban. C'est ce qui est ressorti hier des interventions du secrétaire général d'« Alef », Élie Abou Aoun, et du directeur de programme de l'association, Georges Ghali, au cours d'une conférence de presse qu'ils ont tenue à l'hôtel Le Gabriel pour lancer leur rapport annuel pour 2016 sur la situation des droits de l'homme au Liban. Une jeune fille morte d'une méningite faute d'accès aux soins au Akkar ; une adolescente qui dit avoir été violée par des militaires et qui finit par être elle-même condamnée pour « offense à l'institution militaire » sans que sa plainte ne soit étudiée ; un Juif qui n'a pas pu librement aller prier à la synagogue Maghen Abraham après sa rénovation, en raison de pressions et de voies d'accès limitées : le rapport d'Alef cumule les exemples de violation des droits de l'homme et des libertés, en matière d'égalité des sexes, de liberté d'expression, de protection des réfugiés, de disparitions forcées, de travail et du droit à un procès équitable. Il en vient à la conclusion inévitable : il reste encore beaucoup à faire. Mais sur quels points ? Quels sont les défis particuliers à l'année 2017, qui pourrait être marquée par l'organisation des législatives et donc d'un possible renouveau politique vis-à-vis des droits de l'homme ? Les deux intervenants se sont félicités néanmoins de progrès réalisés : « l'abrogation de l'article 522 sur la dépénalisation du viol » ou encore « le taux de réfugiés syriens non scolarisés, passé de 78 % en 2014 à 49 % en 2016 ». Il s'agit là de deux avancées incontestables soulignées par « Alef » qui salue également l'organisation des municipales et l'élection d'un président de la République, « ce qui a permis de redynamiser les institutions constitutionnelles et notamment le Parlement, dont le mandat a été prorogé à deux reprises ».

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Justice et dignité humaine L'indépendance de la justice et les dossiers des prisons restent les deux combats essentiels pour Alef. « En particulier, il faut militer pour l'élaboration d'un système transparent », soutient Georges Ghali dans un entretien accordé à L'OLJ. « Je crois que c'est une priorité, qui s'allie à une seconde : les élections parlementaires. Celles-ci permettraient un renouveau du système législatif, pour créer une nouvelle dynamique au niveau de la transparence, à travers l'élaboration de nouvelles lois », poursuit-il. Il s'agit notamment de pouvoir juger en toute impartialité des accusés : c'est le débat notamment autour du cas des personnes « arrêtées en 2007 suite à la guerre du camp de Nahr el-Bared et qui sont soupçonnées d'avoir participé à des actions terroristes. Le problème est qu'elles n'ont pas eu droit à la procédure appliquée à tout le monde », insiste Georges Ghali. Quant aux prisons libanaises, « elles sont surpeuplées ». « Nous avons 6 420 prisonniers dans 23 lieux d'incarcération, qui peuvent normalement accueillir 3 050 personnes », rappelle-t-il.

La torture et la culture de la violence L'association « Alef » a également relevé que d'après un sondage réalisé auprès des Libanais « 67 % des personnes interrogées s'attendent à être torturées dans des lieux de détention, si jamais elles devaient être interpellées ». « Pour ces personnes, il est normal et logique qu'en arrivant en prison on se prenne une gifle, ou qu'on soit battu. Elles considèrent que c'est la norme », déplore Georges Ghali. Le contexte historique peut aider à comprendre ce phénomène : les gens croient que « les institutions de sécurité sous l'occupation syrienne n'ont pas changé après 2005 », explique-t-il. D'énormes progrès ont été cependant réalisés en la matière avec la création d'un département des droits de l'homme au sein des FSI.

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Éthique de travail : éviter le mal Les membres d'associations libanaises bénéficient de l'avantage d'avoir un accès facilité au terrain pour récolter des informations. « Nous avons des contacts parmi des professionnels mais aussi avec les victimes qui viennent à nous », explique M. Ghali. Il insiste toutefois sur leur principe essentiel : « Ne fais pas le mal. » Dans le cas des droits de l'homme, il s'agit pour « Alef » de ne pas mettre les victimes plus en danger qu'elles ne le sont déjà après qu'elles se soient confiées à l'organisme. « Dans notre rapport, nous avons évoqué le cas de la jeune Palestinienne Layal el-Kayaje, qui a été identifiée comme une victime de torture et de viol. » « Elle avait parlé aux médias, mais elle avait été détenue par l'armée et jugée coupable le 22 août 2016 pour avoir offensé l'institution militaire », raconte-t-il. Il ne s'agit pas de prendre pour argent comptant le récit des victimes, mais « il est impératif, suivant une procédure normale, de relayer ces allégations, d'enquêter, puis de confier le dossier à un juge indépendant et neutre qui va déterminer si oui ou non les faits sont vérifiables et authentiques. Mais dans le cas de Layal al-Kayaje, le processus est faussé à la base, car c'est le tribunal militaire qui a jugé une affaire dans laquelle des militaires sont mis en cause », dénonce Georges Ghali. Si l'information ou le dossier a besoin d'avoir une visibilité plus importante, l'association collabore avec Amnesty International ou encore Human Rights Watch.

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